dimanche 12 mai 2013

Batman Begins : où sont les femmes ?



Sorti en 2005, le film Batman Begins, réalisé par le très talentueux Christopher Nolan, a été un franc succès à bien des égards : c'est un film d'action prenant, qui s'intéresse à un héros de comics sans le dénaturer, bref, une belle réussite. Je partage très clairement cette opinion.
J'ai l'impression qu'il y a un peu du Batman de Tim Burton, un personnage tout en finesse, qui permet également une découverte différente à travers ce passé tumultueux avec la fameuse Ligue des Ombres.

J'ai revu le film très récemment en tâchant d'avoir un regard neuf... et j'ai le malheur de vous annoncer que le film est bel et bien ultra sexiste.
C'est dommage, d'autant qu'il me semble bien que Nolan a tenté de se rattraper dans les films suivants, mais celui-ci n'échappe pas vraiment aux clichés du cinéma américain, en particulier concernant l'image de la "virilité" des hommes et celle de la "fragilité" des femmes.
Puisque j'aime le film (bah oui quoi, on le droit de critiquer, même si on aime, nan ?), j'ai tâché d'analyser un peu la question.




Commençons : l'affiche dispo sur Allociné



Nous avons donc notre Batman avec sa chère et tendre qu'il porte, comme l'homme fort qu'il est, dans ses bras musclés. Force est de reconnaître que l'éclairage et la présence des chauves-souris, ça pète hein.
Bon hein, Batman, c'est le héros du film, donc ça, à la limite, on va pas revenir dessus (oui bon, on reviendra peut être une prochaine fois sur les héroïnes de film, et même les héroïnes de jeux vidéo, y a de quoi discuter, je vous promets !). Mais le héros, si foooooort, porte (je dirai même supporte !) totalement la madame qui ne sert en fait à rien, remarquons (dans le genre actif, on est bien d'accord, on a vu mieux...). Ca nous place déjà totalement dans les rôles hein : monsieur, viril, fort, puissant, va sauver sa donzelle en détresse, selon un schéma ultra classique et éculé depuis 3000 ans (pour une folle analyse de ce phénomène dans les jeux vidéo, je vous laisse avec Anita Sarkeesian).
Bon... admettons. Ca laisse un peu sur notre faim, mais admettons... Après tout, ce n'est qu'une affiche (même si bon, en général, ça veut dire beaucoup), et en plus, ce n'est pas celle qu'on a le plus vu en France...

Voyons donc le film lui-même.


Nombre de femmes au compteur : six !


Hé oui, du coup, qu'est ce que j'ai voulu faire : compter le nombre de femmes dans le film... Punaise, c'te claque, je vous dis pas, quand je me suis rendue compte qu'elles étaient seulement six ! A côté des personnages masculins, ça pèse pas lourd...
Bah oui, hormis éventuellement quelques figurantes par-ci, par-là, euh... Vous avez six femmes dans le film. Et attention, y en a quatre qu'on ne voit pas plus de 15 secondes à l'écran. Sur 2h05 de film, ça ne pèse pas lourd là encore.

Listons tout ça :
  • Evidemment, nous avons Rachel (tout le monde l'a vu, tout va bien !) : l'idéaliste et belle Rachel, celle pour qui fond notre Batman.
  • Il y a aussi Mme Wayne, la maman de Bruce. Alors elle, y a pas grand chose à en dire,  et pour cause : elle ouvre à peine la bouche !
  • Il y a aussi la maman de Rachel, la cuisinière de la famille Wayne : elle doit totaliser quelque chose comme 5 secondes à l'écran... Mais au moins, on sait qu'elle existe !
  • Il y a la femme de Gordon, femme émérite qui s'occupe de ses enfants. Total de 3 secondes au compteur maximum, à mon avis.
  • Il y a la femme qui se précipite de façon suicidaire pour aller descendre le meurtrier des parents de Bruce pour le compte d'un... Homme. Elle, elle doit totaliser... 5 secondes aussi à l'écran.
  • Il y a enfin la secrétaire de Wayne Entreprise (vous avez vu, à l'américaine, ça fait stylé !) qui ne sait pas jouer au golf. Peut être atteint-elle péniblement les 10 secondes à l'écran, et encore, je n'en suis pas certaine.
Une chose à remarquer pour toutes ces femmes : elles dépendent d'hommes, d'une manière ou d'une autre, ou occupent des positions d'inférieures (en fait, dans chaque cas, on a toujours l'occasion de voir les hommes qui les dirigent, que ce soit le procureur pour Rachel, Monsieur Wayne dans le cas de la maman de Bruce, qui parle parle parle, ou encore le chef du conseil d'administration pour Wayne Enterprise qui comprend pas très bien pourquoi sa grognasse de secrétaire peut pas répondre à son foutu téléphone).

Les personnages "anecdotiques"


Bon, il y a peu de choses à dire sur la mère de Rachel, elle apparaît très peu à l'écran, et bon, bah, c'est le prototype de la "mère" et même de la domestique : tablier, main protectrice sur l'épaule de sa fille... Le rôle de la "mère", par définition quoi. Un archétype complet. On ne peut pas faire bien "mieux" avec le temps qu'il lui est imparti. Je pense que je peux comprendre ça : c'est un personnage anecodtique. Comme la femme de Gordon.

De même pour la secrétaire de Wayne Enterprise : elle parle très peu, et à part quand elle se laisse faire par le charmant Bruce Wayne pour une partie de golf improvisée. Remarquons tout de même que, de base, elle n'a pas l'air fun, et que c'est cet homme qui va la rendre un peu fun. Encore un personnage qui ne sert à rien à part être un faire-valoir de notre héros au sourire resplendissant (moi qui croyais qu'en revenant de ses voyages il aurait un ou deux chicots :D).


Bon, vous allez me dire : "oui, enfin, ce sont deux personnages anecdotiques !". Et c'est vrai. Je ne peux que vous donnez raison. C'est donc patent que la présence des femmes est anecdotique. Ca fait joli sur le rebord de la cheminée, mais à part ça, ça ne sert à rien.


La mère de Bruce 


Parlons maintenant des personnages "non anecdotiques", c'est à dire ceux qui apparaissent plus de 15 secondes à l'écran.

Il y a fatalement la mère de Bruce.
Alors quel rôle a-t-elle ?
Absolument aucun.
Elle est là, ça fait joli, tu poses une plante verte, ça fait à peu près le même effet. On la fait exister à travers un cadeau (un collier d'un goût dégueulasse, mais après tout, tous les goûts sont dans la nature...) puis elle est là et même quand elle est là... elle est absente. Elle ne parle que très peu (si elle dit trois mots, je me marre) et surtout surtout SURTOUT ferme bien sa gueule quand son mari, actif, spéléologue, médecin, et riche héritier, PARLE.
Lui, il agit... elle, on ne sait pas.
Et d'ailleurs, ce qui est hallucinant, c'est quand Henri Ducard (oui, je sais, le nom ne vous dit rien ? C'est Liam Neeson, détendez-vous) explique à Bruce, dans une scène mythique sur un lac glacé de chez Findus, que tout ça, de toutes façons, c'est de la faute de son père qui n'a rien fait pour empêcher ce massacre... Ah ouai, donc madame Wayne, on part même du principe qu'en tant que plante verte, elle ne pouvait rien faire.

Rachel, princesse en détresse


Nous voilà donc arrivée à Rachel. Oui, Rachel, qui travaille pour l'un des procureurs du tribunal de Gotham.
Ce qui est bien (et qui nous change un peu), c'est que Rachel est courageuse, vigoureuse, elle fait des choix, elle entre dans l'opposition, elle privilégie son devoir à l'anniversaire de l'homme de ses rêves (non mais c'est vrai, qui n'irait pas s'empiffrer de petits fours chez Bruce Wayne hein !).

Problème : elle fait toujours des choix qui l'amènent à avoir besoin d'aide.

Quand elle fait le choix de se choper Crane pour lui foutre les jetons (opération ratée, on ne fout pas les jetons à l'Epouvantail avec un regard noir, désolée !), la voilà qui est menacée en rentrant de son travail. C'est Batman qui viendra à son aide et qui lui fera peur à ses poursuivants (bah oui, elle, elle fait peur à qui ?).
Quand elle va à l'hôpital psychiatrique pour menacer Crane de nouveau, c'est pareil : hop, cocotte, on t'attrape et tu sortiras pas de là vivante hein, quand même ! Enfin si, seulement si ton preux chevalier vient te chercher.
Et à la fin du film, quand elle protège son mini Joffrey (si si, je vous jure, vous pouvez vérifier, c'est bien Joffrey dans Game of Thrones !), elle attaque l'Epouvantail avec son taser (enfin une bonne décision !) puis elle empoigne un flingue pour menacer les gens malades et zombifiés du quartier. Mais non, encore une fois, c'est pas ça qu'il faut faire parce que tuer des gens (encore pire quand vous êtes une femme...) ça ne se fait pas ! Et là, Batman revient pour rétablir le bien et éviter qu'elle ne leur colle un peu de feraille dans la tronche.

Mais bon, Rachel est quelqu'un d'intelligent, on le sait tous. Enfin, non, on croyait qu'elle était intelligente. On finit par ne plus le savoir. Parce qu'au milieu du bordel ambiant, tout ce qu'elle trouve à dire à Batman c'est : "c'est quoi vot' p'tit nom, beau brun musclé tout de noir vêtu ?" (enfin, non, c'est pas ça qu'elle dit, mais j'ai du mal à pas interpréter ça comme "Vas-y mec, lâche moi ton 06"). 
Woooo cocotte, y a Gotham qui tombe en ruine, bientôt ça va être encore pire, et toi tu dragouilles le mec au costume ? T'as pas genre un peu plus urgent à faire hein ????
Et puis, au milieu du merdier ambiant, elle se retrouve héroïne à protéger un enfant... Comme la future mère qu'elle est. Ne quittons pas les clichés de maman vs putain, ça pourrait nous faire faire naufrage hein.

Malgré la belle image d'idéaliste courageuse que nous donne à voir Rachel, tout s'effondre rapidement dès lors qu'on se rend compte qu'on a tâché de nous la ranger bien dans le bon placard la cocotte, là où elle est superficielle et un peu coconne. Dommage, l'effet était presque bon, mais il est loupé quand même.

L'exception... qui n'en est pas vraiment une.


Et oui, vous allez dire : "Elle a oublié l'assassin du meurtrier des parents de Bruce !!!". Non, non, rassurez-vous, je ne l'ai pas oubliée. (Notez d'ailleurs que c'est une femme, et que son rôle se met automatiquement au masculin...)
Mais ce rôle me laisse pantoise, alors je l'ai gardé de côté.
En fait, j'ai du mal à interpréter son image, pour être tout à fait franche.
Parce que dans le genre active, elle, elle se pose là : vas-y que je fonce trouer le corps d'un mec dans un tribunal en le menaçant tout à fait explicitement. Il faut beaucoup de cran, et peut être même beaucoup de stupidité pour faire ça (oui, parce que bon, ne me dis pas qu'après, tu vas pas te faire choper par les flics...).
Mais (il y a toujours un "mais"), il est difficile de la détacher de Falcone, comme si elle était "à lui" ou une "partie de lui". Bah oui, on ne parle jamais d'elle, mais de Falcone. On ne parlera d'ailleurs jamais de ce personnage et de son rôle. Jamais. Jamais. Jamais. On parlera toujours du rôle de Flacone lui-même dans cet assassinat.
Ou comment une femme enfin "active" doit disparaître...


Des hommes virils, ambitieux et puissants

En fait, le traitement du rôle de ces femmes me choquerait moins si les hommes étaient logés à la même enseigne. Mais ce n'est pas le cas.
Bruce Wayne est un personnage profond, tout en nuance, qui fait des choix, et finit par démontrer en quoi il est "puissant". Bon, là encore, je n'y reviens pas trop : c'est le héros du film, c'est aussi "normal" de mettre l'accent sur ce brave monsieur.
Mais tous les autres personnages actifs, qui pèsent dans les décisions, sont des hommes. Tous, sans exception.
Que ce soit Ra's al Ghul, Henri Ducart, Fox, Alfred, le chef du conseil d'administration (Earle), Gordon, la plupart des flics, Crane, le juge Faden... 
Eux, pardonnez moi l'expression : ils ont des couilles, et ça se voit. Et ça voyez-vous, c'est réservé à la noblesse masculine.
Comme vous l'avez constaté dans les parties précédentes, le traitement est très différent pour les femmes.
Et d'ailleurs, dans le film, comme dans beaucoup de films américains, si t'es pas assez sévèrement burné, tu crèves ou alors tu te fais choper bêtement (comme le co-équipier de Gordon, par exemple...).


En conclusion


En conclusion, le film ne nous donne pas à voir grand chose au niveau du rôle que les femmes peuvent prendre dans la société qui est représentée. Je pense honnêtement que Nolan s'est rendu compte de cet écueil, qu'il a tâché de corriger dans les deux volets suivants. Comme quoi, on peut aimer un film, le critiquer, et s'apercevoir que ça apporte encore plus de qualité aux oeuvres qui sont réalisées par la suite.
Dommage qu'aucun des volets de Batman ne passe le test de Bechdel.

Petit rappel : je ne fais pas le procès de Batman Begins. J'adore ce film ! Je veux juste montrer en quoi le sexisme latent de la société et des médias peut être révélé, juste en se posant quelques questions.
Et je crois que ce n'est parce qu'on aime un film qu'on a l'interdiction de se poser des questions à ce sujet. Bien au contraire.


10 commentaires:

  1. Impressionnant constat, qui saute aux yeux une fois qu'il est fait...

    Un qui devrait faire très peur aussi dans le genre à mon avis, c'est Bilbo :x


    (et sinon, à quand un billet sur Tintin ? :x oui, bon, ok, je sors :x)

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    1. Alors Biblo... Je me suis fait la réflexion pendant que je regardais le film au cinéma... C'est hardcore dans le genre.

      Et pourtant... c'est un bon film.

      Et puis, c'est dû à l'oeuvre originale également, qui a été conçue comme ça... Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas le déplorer, au moins un peu.

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  2. Donc finalement nous sommes tous d'accord pour dire qu'un film sexiste est préférable à un navet. Souvent ils sont les deux, mais il ne peuvent pas être aucun des deux :).

    Concernant ce que vous appelez le "stéréotype" de la femme fragile et de l'homme viril, je vois deux possibilités.
    Soit vous êtes une femme hors du commun (1m85, 90kg, un taux de testostérone à faire pâlir Arnold Schwarteneger), auquel cas vous devriez prendre acte du fait que vous êtes à part, et ne pas projeter votre virilité sur l'ensemble de la gent féminine.
    Soit vous êtes une femme comme les autres et dans ce cas, je vous invite à attendre que ça chauffe un peu dans ce pays. Vous redécouvrirez alors toute la pertinence de ce que vous dénoncez comme "stéréotype".

    Bien à vous

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    1. C'est précisément parce que nous vivons à une autre époque que l'âge de pierre que nous pouvons nous passer de nos différences musculaires pour vivre sereinement et décemment.
      De plus, depuis quand tous les hommes font 1m85, 90kg, et ont un taux de testostérone à faire pâlir Schwarzy ?

      Quant à des films qui seraient ni des navets, ni sexistes, il en existe fort heureusement suffisamment. Sauf si bien sûr, de votre point de vue, un film non sexiste *est* un navet...

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    2. @ Kolia Karamazov :

      Loin d'être une femme hors du commun avec les caractéristiques que vous citez, je suis plutôt l'inverse, mais je pratique les arts martiaux, ce qui m'a permis, la dernière fois que j'ai été agressée physiquement d'effrayer suffisamment mon adversaire pour qu'il comprenne rapidement que ça sentait sacrément le roussi...

      Encore une fois, le portrait de la "femme fragile" me fait doucement marrer : quand on sait que les femmes, en plus de leur journée de travail, font près de 5h de travail chez elles par jour, s'occupent majoritairement des enfants, de leur éducation, j'ai un peu du mal à considérer les femmes comme étant de pauvres petits êtres fragiles...

      Et la majorité des hommes n'a pas la "configuration physique" de Batman, loin de là, vous en conviendrez... Pour quel usage de toutes façons ?

      La devise de la France reste quand même liberté, égalité, fraternité... Si on joue encore à se taper dessus comme des neuneus parce qu'on a les plus gros bras, je ne vois pas bien l'intérêt d'instaurer des lois qui puissent justement favoriser nos droits.
      Si on part dans votre logique, j'en suis à me demander ce qu'on devrait faire des personnes en situation de handicap et de dépendance selon vous...

      Et oui, la société étant elle-même bloquée dans une vision patriarcale des rapports entre les hommes et les femmes, les films peuvent également avoir de beaux relents de patriarcat... Ce qui ne veut pas dire qu'il faut l'accepter.


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  3. « C'est précisément parce que nous vivons à une autre époque que l'âge de pierre que nous pouvons nous passer de nos différences musculaires pour vivre sereinement et décemment. »

    Nous sommes là au cœur de la contradiction du progressisme. Un certain mode d’organisation (que l’on peut notamment qualifier de patriarcal) a permis à la civilisation d’émerger et de s’épanouir. Lorsque les conditions de vie deviennent suffisamment bonnes, le progressiste entre en scène. Il entend profiter des fruits de l’ancien monde tout en rejetant celui-ci avec virulence. Evidemment on ne peut pas profiter longtemps d’un palais dont on démolit méthodiquement les fondations.
    Il finira par s’effondrer. Et la civilisation suivante prendra, tôt ou tard, son essor. Ainsi naîssent et meurent les civilisations.

    « Sauf si bien sûr, de votre point de vue, un film non sexiste *est* un navet... »

    Un film dans lequel c’est la femme qui porte l’homme dans ses bras musclés ne fera pas plus de 2500 entrées tous pays confondus, c’est un fait.
    C’est pour cette raison que l’on voit essentiellement ce que vous appelez des films sexistes. Car les gens d’Hollywood sont féministes dans l’âme, mais ils ont avant tout envie de gagner de l’argent.

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    1. Heureusement, il existe d'autres films que ceux produits à Hollywood.

      Pour le point précédent, je ne vois pas ce qui permet d'affirmer que le monde dans lequel nous vivons et les progrès qui en ont découlé sont liés au patriarcat qui y prospérait.
      Si on va par là, l'esclavage a aussi été très à la mode pendant des siècles; il a été aboli depuis. Le monde s'en porte-t-il plus mal ?

      Autre chose encore. Si on part de ce principe (sans aucun argument autre que "ça existe"), le progressisme récent et fulgurant de ces dernières décennies est en parallèle avec l'émancipation des femmes et les combats féministes. Pourquoi à ce moment là ne pas conclure que les fondations de notre société sont celles-ci, et pas un patriarcat qui aurait fait stagner le monde pendant des siècles ?

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  4. « Encore une fois, le portrait de la "femme fragile" me fait doucement marrer : quand on sait que les femmes, en plus de leur journée de travail, font près de 5h de travail chez elles par jour, s'occupent majoritairement des enfants, de leur éducation »

    Tout cela est vrai, mais ça ne change rien au fait que la majorité des femmes souhaitent être dans les bras d’un homme tel que Batman et la majeure partie des hommes souhaitent être Batman lui même.
    Ce n’est pas le résultat d’un bourrage de crâne. C’est comme ça, c’est naturel. Et en effet la nature a fait de l’homme un guerrier (10% plus grand, 40% plus lourd, 2 fois plus fort du haut de corps, meilleurs réflexes, meilleure vision dans l’espace,…).

    NB : les chiffres ci-dessus sont des moyennes, inutile d’essayer de contrer mon point par des cas particuliers.

    « mais je pratique les arts martiaux, ce qui m'a permis, la dernière fois que j'ai été agressée physiquement d'effrayer suffisamment mon adversaire pour qu'il comprenne rapidement que ça sentait sacrément le roussi... »

    Vous allez hurler, mais je vous recommande la prudence. Même les hommes costauds avec une bonne maîtrise des sports de combat savent que les bagarres de rue se jouent suivant des règles bien différentes et qu’elles ont toutes les chances de mal finir pour eux.

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    1. 10% plus grand : vrai

      40% plus lourd : vrai

      2 fois plus fort du haut de corps : sans doute vrai aussi

      meilleurs réflexes, meilleure vision dans l’espace : faux

      Ce dernier point est lié à de l'entrainement, et les capacités cérébrales associées sont simplement liés à un apprentissage. Et donc accessible aussi bien aux hommes qu'aux femmes.

      Par contre, je ne comprends pas ce qui vous permet de conclure que le fait que "toutes les femmes aimeraient être dans les bras de Batman" (ou que "les hommes souhaiteraient être Batman lui-même) soit quelque chose de naturel.
      Comme naturellement, les hommes sont plus musclés que les femmes, *forcément* ils souhaitent incarner des guerriers ?
      Je ne dis pas que ça ne se passe pas comme ça, de fait, mais prétendre qu'il s'agit d'un phénomène naturel ?

      On parle de choix et de préférence là. Il s'agit du cerveau

      Or, aucune étude sérieuse ne permet d'étayer une différence significative entre les cerveaux en fonction du sexe. Il existe des différences, oui. Entre les individus. Mais quels qu'ils soient.

      Le fait que la majorité des gens pensent ce que vous affirmez est simplement une conjonction de la société actuelle (et patriarcale) et d'un phénomène magnifique qui s'appelle la "plasticité cérébrale".
      Mais absolument pas un fait de la nature.

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    2. @ Kolia Karamzov :

      Vous êtes un sophiste comme on en fait plus, et vous ne répondez jamais avec de véritables arguments qui soient viables ne serait ce que dans une philosophie de lycée.

      Les femmes souhaitent souvent être dans les bras de Batman parce qu'on leur a appris que c'était ce qu'il fallait faire, ni plus ni moins.
      Les hommes veulent parfois (ça se fait de moins en moins...) avoir un physique de catcher parce qu'on leur dit que c'est ce qu'il faut faire...

      Mais loin d'être un choix, tout ceci est le fruit d'un apprentissage, d'un matraquage répété des mêmes informations, des mêmes mots... D'ailleurs, le film évoqué dans ce billet n'échappe pas à la règle : il répand le même type d'informations qui aboutit au même type d'apprentissage.

      Ca me fait penser qu'un de ces quatre, faudrait que je fasse un billet sur les théories et les capacités d'apprentissage.

      Et enfin, je me permets :
      "Vous allez hurler, mais je vous recommande la prudence. Même les hommes costauds avec une bonne maîtrise des sports de combat savent que les bagarres de rue se jouent suivant des règles bien différentes et qu’elles ont toutes les chances de mal finir pour eux."

      C'est affligeant. Vous ne me connaissez pas. Pour votre information, j'ai déjà dû lutter plus souvent pour ma survie dans la rue (oui dans la rue, oui oui, j'ose y aller) que la plupart des hommes qui font partie de mon entourage. Parce que des connards se croient tout permis. Même pas parce que j'ai ouvert la bouche.
      Alors, je vous en prie, gardez vos leçons de morale pour ceux qui ne connaissent pas la violence, c'est-à-dire ceux qui vivent au payx des bisounours.

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