jeudi 2 mai 2013

Il y a des jours...

... J'ai passablement envie de hurler, frapper, secouer, déchirer, mordre. Je sais pas qui, comment, où, mais je sais très précisément pourquoi.


AAAAAAAAAAAHHHHHHH !!!!!


Mardi, j'étais déjà en colère : le viol, la torture infligée à une jeune étudiante indienne en janvier n'a pas suffi. On remet le couvert avec une petite fille de 4 ans qui est décédée de ses blessures. Qu'est ce qu'ils ont ces gens dans la tronche quand ils abusent des femmes et même des enfants ? Comment peut-on penser que c'est normal, qu'on peut jouer avec ? Comment peut-on avoir cette si violente inconscience ? Comment ?


Mercredi, une nouvelle raison d'être en colère : des jeunes écolières empoisonnées en Afghanistan parce que... elles veulent aller à l'école. Oui, elles veulent aller à l'école, apprendre et comprendre comment le monde est fait, quelles langues on y parle, comment on peut créer et voir les choses avec un autre regard... Et pour cela, on les châtie, on les empoisonne. Rendez-vous compte : parce que ce sont des femmes, parce qu'elles veulent aller à l'école, on essaie de les tuer. Y a pas comme un problème là ?

Et aujourd'hui... Aujourd'hui, on en ajoute. Encore et encore.
D'abord, sur la Maison des Femmes de Montreuil. Oui, les bénévoles et les salariées de cette association qui vient en aide aux femmes en difficultés sont menacées par des individus misogynes et violents. Mais que fait la justice ? Que fait la police ? Pourquoi laisse-t-on impunément ces gens qui, à bout d'arguments (parce qu'il n'y en a aucun !) font appel à la violence à l'encontre de ces personnes en raison de leur sexe et de leur engagement pour l'égalité femmes-hommes ?

Pourtant, nous nous battons. Aline Rigaud se bat pour la reconnaissance de sa parole ainsi que celle de toutes les femmes victimes de harcèlement sexuel. En effet, suite à l'abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel et la mise en place de la nouvelle loi, elle n'a plus la possibilité de poursuivre son agresseur en justice selon les lois françaises. Pourtant, aujourd'hui, elle a saisi la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour qu'un jour, justice soit rendu.
Pourtant, elle subit encore la violence, comme toutes les femmes qui osent enfin ouvrir leur clapet. Le premier commentaire de l'article que je viens de citer est celui-ci :
"Et puis porter plainte rapporte beaucoup plus que de coller une bonne baffe au harceleur.... et si maintenant le soi disant harceleur portait plainte pour harcèlement moral ?"
Voilà la deuxième violence qui s'exerce dès lors qu'on décide que ça suffit et que la loi doit intervenir... Un nouvel affront pour ces femmes qui sont niées dans leur humanité et qui n'existent plus qu'en tant que dominées. C'est une violence de mots, mais elle est lourde de sens : notre parole ne vaut rien. Nous n'avons qu'à devenir violente à notre tour lorsqu'on nous fait violente...
Ce n'est pas si simple. Il n'est pas simple de faire autre chose que de se retrancher en soi quand on subit n'importe quelle forme de violence. Il faut arriver à se lever, à crier, à s'exprimer... Mais comment faire quand chaque fois qu'on prend la parole, ce sont ces mots que l'on reçoit ? Comment prendre confiance dans notre expression si il n'est question à chaque fois que de remettre en doute le bien fondé de ce que nous faisons pour nous défendre ?

Et que diraient tous ces hommes indignes qui n'ont aucune considération pour les femmes si ils devaient faire face aux comportements qu'ils nous infligent ?
Vraiment, j'aimerai les y voir. J'aimerai bien qu'ils testent, l'espace d'une journée, ce que ça peut représenter. Ici, en Afghanistan, en Inde... Ouai, j'aimerai, parfois, les voir supporter leur propre cruauté. Juste pour qu'ils comprennent en quoi demander l'égalité sur tous les aspects de la vie n'est pas une extravagance.

Pour voir le combat des femmes qui, en France, luttent contre le harcèlement sexuel, pour comprendre comment ça détruit les gens, et comment ça détruit les femmes qui ne verront jamais leurs agresseurs punis par la loi, qui est supposée nous garantir une certaine justice...


5 commentaires:

  1. Votre article est une superposition de situations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. D’un côté, deux viols en Indes (et j’imagine que dans un pays d’un milliard d’habitants il doit y avoir plus que deux par jour), de l’autre des empoisonnement en Afghanistan et enfin des militantes agréssées à Montreuil et une femme qui a écrit un livre sur son expérience du harcèlement sexuel.

    Concernant l’Inde, c’est un pays ou il manque pas loin de 100 millions de femmes. Cela laisse sur le carreau des millions d’hommes qui forment des gangs violents dont les activités consistent entre autre à violer des femmes. C’est dramatique mais on ne peut rien y faire.

    Pour l’Afghanistan, on est fasse aux exactions typiques des personnes de confession musulmanes. Partout où il y a des musulmans (y compris aux USA) on retrouve ce genre d’agissement.

    Vous superposez cela avec des affaires ayant eu lieu en France. Vous saupoudrez le tout d’un clip dans lequel les acteurs sont tous occidentaux. Finalement cet espèce de mélange hétéroclite a une conséquence, il fait peser sur l’homme français lambda le poids de tous les crimes perpétrés par des hommes sur cet planète.
    Et pourtant un blanc de culture française n’a rien à voir avec les événements d’Inde ou d’Afghanistan.

    Je vais plus loin. L’affaire de Montreuil, étant donné la population de cette ville de Seine Saint Denis, est possiblement le fait de gens dont la religion et la culture n’ont pas grand chose à voir avec la France, mais d’avantage avec des pays comme l’Afghanistan. Ce n’est qu’une hypothèse cela dit.

    Concernant le clip, que j’ai regardé. Ca se veut un clip de sensibilisation, ça veut dire qu’il a vocation dans l’idéal à être visionné par tous les hommes de France, je ne me trompe pas ?
    Que voit-on dans ce film ? Des hommes qui se font aborder par des bandes de femmes dont l’attitude évoque celle de la racaille maghrébine plus que celle du français blanc.
    Une bonne femme à l’air louche qui se caresse en regardant un homme en train de lire un magasine sur un banc.
    Et une fille qui soule un type pour le « violer ».
    Donc de ce film, les français blancs doivent retenir qu’il n’est pas bien de se comporter comme la racaille maghrébine, qu’il ne faut pas se caresser le sexe en regardant une femme dans la rue et que c’est pas bien de faire boire une femme pour lui soutirer une relation sexuelle.
    J’ai une bonne nouvelle, l’immense majorité des hommes était déjà au courant. Après il y a quelques abrutis qui jouent les racailles, quelques violeurs, et quelques handicapés mentaux qui se masturbent en public. Mais croyez-vous que ce film va les sensibiliser à quoi que ce soit ? Va-t-il détourner un seul violeur de son crime ? A-t-il une chance de transformer la racaille en homme décent ?
    Et les autres, ceux qui de toute façon n’ont jamais eu et n’auront jamais les attitudes critiquées dans le clip, pourquoi leur imposer ces images ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a dans ce billet plusieurs éléments que j'ai tâché de rapprocher. Je ne l'ai pas fait par seul hasard du calendrier. Ce sont des éléments qui trahissent le fonctionnement patriarcal d'une grande partie des sociétés du monde, que ce soit en Inde, en Afghanistan ou en France : les hommes se croient permis d'avoir ce genre de prétention sur les femmes, leur corps, et leurs droits... et elles en souffrent, voire elles en meurent. Tous les jours.
      C'est le rapprochement que je fais entre ces éléments.

      Le reste de votre commentaire est d'un racisme qui fait froid dans le dos. Je ne sais même pas par où commencer tellement ça trahit une haine de l'étranger (en l'occurrence, vous vous polarisez sur les musulmans et les personnes d'origines maghrébines, sans fondement aucun d'ailleurs).

      En France, et je ne parle pas du reste du monde, une femme est violée toute les 7 minutes. Et vous voulez me faire croire que tout cela n'est dû qu'à un groupe que vous appelez "la racaille maghrébine" ? Et qui engloberait quoi ? Des personnes issues de l'immigration du Maghreb ? Allons bon, j'espère pour vous que vous n'abusez pas trop de TF1.
      Un viol toutes les 7 minutes, ce n'est pas un hasard ni le fait d'un où deux zigotos qui ont trop bu ou trop regardé la téloche, on ne parle plus de hasard, mais de système dans ces cas là.

      Le clip a pour vocation de retourner des situations qui se produisent plus ou moins régulièrement dans la vie des femmes, de manière à ce que les hommes, qui sont une grande majorité à adopter des comportements de ce type, puissent en expérimenter le mal être, et éviter d'adopter justement des comportements qui puissent mener à des extrémités qui sont montrées dans le clip.

      Mais c'est sûr que si vous partez du principe que les hommes "blancs" sont des saints (ce qui est faux, comme je l'explique brièvement dans mon billet sur le livre "Un Troussage de Domestique"), le débat ne va pas voler très haut.

      Supprimer
  2. Merci pour votre réponse. J’espère que votre dos s’est réchauffé.

    Ma curiosité n’est pas encore tout à fait apaisée. J’ai encore l’une ou l’autre question.

    Une de mes aïeules a 97 ans. Elle a encore l’esprit très vif et peut sans problème tenir une conversation. Imaginons une situation fictive si vous le voulez bien.

    Vous êtes assise face à elle. Elle vous raconte un peu sa vie. Née en 1915, mariée en 1936, elle a eu 7 enfants, 22 petits enfants et 59 arrières petits-enfants. Inutile de préciser qu’elle n’a connu qu’un homme dans sa vie : son mari. Elle a eu le droit de vote à trente ans passés et ne l’a jamais tellement utilisé. Elle n’a pas entendu parler du féminisme avant l’âge de 50 ans. Enfin elle n’a jamais porté que des jupes ou des robes. Finalement son existence a été assez similaire à celles d’a peu près toutes les femmes de sa génération et de celles qui l’ont précédé.

    C’est maintenant à votre tour de parler.

    Pensez-vous que vous pourriez lui expliquer qu’elle a été la victime d’un système, le patriarcat, qui l’a privé de sa liberté ?
    Devant son sourire incrédule auriez-vous le courage de lui dire la vérité jusqu’au bout : « Mais madame le patriarcat agit de façon insidieuse, il n’est pas surprenant que vous ne vous soyez pas rendu compte de son influence. Pourtant j’ai le regret de vous dire que toute votre vie durant (en particulier pendant vos meilleures années) vous avez été asservie par la domination masculine. »
    Alors elle vous demanderait : « Et que dois-je faire pour me sortir de ce piège selon vous ? »
    Lucide quant au fait qu’il lui reste peu de temps à vivre vous lui répondriez: « Pour vous il est trop tard pour briser vos chaines, votre vie est derrière vous et vous l’aurez passé dans la servitude. Néanmoins, parmi les générations plus jeunes, certaines femmes ont ouvert les yeux. Grâce à la liberté qu’elles ont arraché des mains du patriarcat elles ont des vies épanouissantes et fructueuses. Peut être pourriez vous faire un don à l’une des associations qui milite pour que plus jamais les femmes ne soient confrontées à ce que vous avez enduré. »

    Pourriez-vous dire cela à mon aïeule (ou à toute autre femme née avant 1920, en imaginant que vous puissiez les rencontrer) ?
    Peut être ne diriez-vous pas cela. Dans ce cas, comment lui présenteriez-vous le combat féministe ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai beau lire et relire... je cherche toujours le rapport avec la choucroute.

      Allez, un petit exemple pour la route. Où trouve-t-on une domination masculine très nette ? A l'assemblée nationale. Chez nous. Et pas qu'un peu, vu les témoignages des femmes qui ont dû batailler pour y tailler leur route (et ce, bien plus que leurs collègues masculins).

      J'ai beau chercher, je n'y trouve toujours pas de racaille maghrébine... Aurais-je besoin de lunettes ? Ou ne suis-je pas encore assez raciste pour assimiler délinquance et religion musulmane ?

      Supprimer
  3. Je ne vois pas non plus le rapport entre ce que j'explique et votre illustration.
    Je travaille actuellement en grande partie avec des personnes âgées, et j'ai eu la chance d'avoir mes grand-mères jusqu'à récemment... Donc je vous prierai de ne pas spéculer sur des choses que vous ignorez et donc sur la manière dont je m'adresse à ces personnes.

    Et figurez-vous, puisque nous en sommes aux violons façon films d'émotions, que mes aïeules ont toujours supporté mon combat, et qu'elle m'ont encouragée dans cette voie à leur manière, en me disant que si leur vie avait été bien bonne, il fallait que je me batte pour que les femmes aient plus d'autonomie, plus de droits.
    Elles m'ont donnée les mots que j'utilise aujourd'hui parfois pour aborder les luttes féministes avec certaines personnes âgées.
    Les femmes âgées savent mieux que nous encore ce que représente la chape de plomb du système patriarcal, et ce sont les premières à me dire de faire autrement, de ne pas me marier trop vite, d'avoir un bon travail, de gagner si possible plus que mon conjoint, de ne jamais le laisser me contrôler d'une quelconque manière... Je n'ai pas besoin de parler pour qu'elles évoquent elles-mêmes le sujet. Elles savent.

    Voilà pour les violons, et ce petit écart qui n'a pas grand rapport avec le schmilblick. Mais que je fais, pour vous, avec plaisir.

    RépondreSupprimer