jeudi 6 juin 2013

"T'es bonne" : quand le soleil est de retour...

Le soleil revient. La température se fait plus douce. C'est le moment où vous arrivez péniblement à remiser votre doudoune au placard, en vous disant que bon sang, l'hiver était long (et pluvieux souvent) et que vous allez pouvoir vous balader avec moins de bordel sur le dos.
C'est aussi le moment où se produit un phénomène difficile à éluder, et plein d'autres blogueuses en parlent : quand le soleil revient (et là, il a mis sacrément longtemps à revenir...), les "poètes" des rues reviennent à la charge...




Qu'est ce qu'un poète des rues ? C'est le mec qui te déshabille du regard à 500 mètres de distance et qui attend d'être près de toi pour te lancer un profond "ah mamzelle, z'êtes charmante" et autres "ça fait du bien aux yeux", voire carrément la figure de style hors du commun "t'es bonne".

Le poète des rues a une dégaine des plus diverses : il peut s'agir d'une espèce de dindonneau équipé des mêmes lunettes de soleil que Nicolas Sarkozy, avec une chemise à carreaux, parfois un T-shirt d'une marque qui fait "riche", en jean ou en survet', le poète des rues s'épanouit en toutes circonstances et en toutes tenues.

Et, le plus important, c'est qu'il pense même te faire plaisir en te faisait remarquer que tu es "chatoyante" à ses yeux.


Beaucoup d'entre vous vont sûrement penser que je fais ma rabat-joie, mais entre nous hein, ça me fait pas plaisir. Mais alors, vraiment pas.

Mais pourquoi donc que ça me fait pas plaisir qu'on me dise que je suis "belle" ? Pourquoi ça ne flatte pas mon égo ?

Parce qu'on ne me dit pas que je suis belle, d'abord, va falloir arrêter de déconner avec l'entourloupe 5 secondes au minimum. Dans un cas comme celui là, le poète des rues, qu'il se déplace seul ou en groupe, ne te dit pas que tu es "belle" ou "intéressante", il te dit que tu es "baisable", ce qui à mon sens, est sensiblement différent.

Non, être qualifiée de baisable n'est absolument pas flatteur. Déjà, parce qu'on ne regarde que ton apparence physique. Il y a peut être des gens à qui ça fait plaisir d'être comme une tranche de boeuf sur l'étal du boucher, mais ce n'est pas le cas de la plupart des femmes. Ou du moins... quand elles ont appris qu'elles étaient un peu plus que ça, et qu'elles avaient tout à fait le droit d'exiger d'être plus que ça.

Et puis, en décortiquant un peu le "t'es bonne", il est quand même à remarquer que les mots sont non seulement merdiquement choisis (bah oui, on n'est pas des carreaux de chocolat ou des chips dans un bol) mais en plus, l'emploi de la deuxième personne du singulier pourrait porter à croire qu'on a élevé les cochons ensemble, ce qui n'est évidemment pas le cas.

Non parce que, quoi qu'on dise, c'est pas le tout d'avoir le droit de vote, mais les femmes ont aussi le droit d'être considérées autrement que comme des marchandises qu'on s'échange à qui mieux mieux et dont on flatte l'encolure pour vérifier que c'est encore bien ferme là-dessous.

D'autre part, quand des gens te considèrent comme "baisables", ils seront les premiers à te dire, si par hasard tu étais agressée sexuellement (voire pire), que c'est bien de ta faute, et qu'il fallait, bien évidemment, planquer tes formes. Cachez ce sein que je ne saurais voir, grands dieux ! On va tous crever si jamais on aperçoit un putain de centimètre carré de ta peau.

J'ai un petit scoop pour les amateurs de ces idées reçues : vous pouvez vous saper comme vous voulez, et même avoir un voile sur la tête (et même carrément, être un homme sous ce voile, si si), vous pouvez vivre dans un pays que vous croyez civilisé, si vous êtes une femme, VOUS ALLEZ Y AVOIR DROIT.
Justement, moi je me pose quand même la question : MAIS DE QUEL DROIT BORDEL DE MERDE ?

Est-ce que moi, messieurs les poètes des rues, je vous regarde par dessus mes lunettes en vous faisant des putains de caquètements de poule ? Est-ce que moi je vous siffle tout ça parce que vous portez un bermuda ? Est-ce que moi je vous traite de connard parce que vous ne répondez pas à mes remarques sur votre baisabilité ?
Ce n'est pas agréable, ce n'est pas une bonne entrée en matière pour reconnaître un être humain comme son égal, d'accord ?

Beaucoup de gens, notamment des hommes, pensent que ce n'est pas vrai, que ça n'arrive que si tu es un peu découverte, que tu es une exception... Mais non ! Nous ne sommes pas des exceptions, loin de là ! Et ça peut arriver n'importe où, n'importe quand, n'importe comment. Par exemple (et c'en est un parmi tant d'autres !) je peux vous dire que le timbré qui m'a poursuivi sur tout un pâté de maison il y a deux ans, il ne s'est pas attardé sur le bouton que j'avais sur le nez, ni sur le fait que je sentais le phoque d'ailleurs. En revanche, il a sûrement pensé que j'allais céder à ses "avances" (autrement dit, sans connaître son nom, à aller chez lui, un mardi à 10h du matin, évidemment, nous les femmes, on a que ça à foutre).

Et beaucoup de gens, en majorité des hommes, mais pas que malheureusement, pensent que c'est flatteur d'être poursuivi comme ça, d'avoir peur de ces hommes qui te caquètent après, de ceux qui s'approchent de toi avec la ferme intention de te toucher, que tu sois d'accord ou pas.
Et non seulement ils pensent que c'est flatteur, mais ils vont essayer de savoir quel effet ça te fait, si tu te sens mal à l'aise, contrite, perturbée par ce qui vient d'être dit. Ta dignité n'a aucune importance, seule compte la conviction renforcée d'être un homme après t'avoir ramenée à la "marchandise" que tu es censée être.

Donc, je repose ma question : DE QUEL DROIT on nous fout les jetons comme ça ? DE QUEL DROIT on s'arroge nos corps, dans la rue, dans le métro, dans les lieux publics et même privés ?

Il n'y a aucun droit pour ça. Si l'égalité entre femmes et hommes était une réalité tangible, ce genre de comportements n'aurait pas cours. En tous cas, beaucoup moins souvent, et de façon certainement moins menaçante.

Alors, poètes des rues, il ne faudra pas s'étonner qu'une femme réponde un jour à ce type de "flatteries" par "je t'emmerde, trace ta route".

Mesdames, n'oublions jamais comme le disait La Fontaine que "tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute". N'écoutons plus pour écraser ces comportements à la racine. Soyons plus fortes que cette flatterie qui n'a pour vocation qu'à nous réduire à une tranche de boeuf. Soyons fortes, ne nous laissons pas déstabiliser, et répondons tout bonnement : "Parle autrement". Ajoutez "face de chien", si vous vous sentez.

Et surtout, n'oublions jamais que ce phénomène s'inscrit dans la plus pure tradition patriarcale : soit belle, tais-toi, accepte d'être comparée comme si tu étais sur l'étal du boucher. 

Il va falloir qu'un jour chacun accepte de comprendre que le corps des femmes n'est pas plus là pour être jugé que celui des hommes. Et que nous méritons le respect, tout simplement en tant qu'être humain.

EDIT : Suite à des mises en doute sur l'idée que le "poète des rues" n'est aucunement défini par son origine, je me permets de poster ce lien vers un article de Gaëlle-Marie Zimmerman, qui est un témoignage assez éloquent sur le fait que ces personnes font partie de toutes les couches de la population.

21 commentaires:

  1. Avez-vous regardé la vidéo que vous proposez ?

    Cette Sofie Peeters est blanche, comme vous. Vous avez profité de la colonisation et de l’esclavage. Il me semble normal que vous payiez un peu en retour en vous faisant insulter, tripoter, voir violer par des immigrés africains.

    Avez-vous vu la vidéo, ou ne l’avez-vous pas vue ? Avez-vous écouté les voix ? Etes-vous capable d’être honnête avec vous même ?

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    1. C'est lamentable.

      Vous pensez sincèrement qu'il n'y a que des jeunes issus de l'immigration qui ont cette attitude ? Enfin, oui, quelle question, vous avez démontré assez de fois votre racisme patent pour en être effectivement convaincu.

      Cependant, c'est un résumé un peu simple. On trouve ce genre de comportement au quotidien, avec plein de gentils blancs français de souche dans les rôles d'acteurs principaux. Je vous dirais bien de sortir un peu de chez vous, mais je pense que le problème est ailleurs...
      C'est tellement plus facile de pointer du doigt ce genre de comportement chez quelqu'un d'autre ("l'étranger", "l'arabe", "le noir"), pour ne surtout pas avoir se demander si on est pas soi-même dans le lot...
      Vos menaces à peine voilées de viol parlent à ma place.

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    2. C'est admirable de voir comment on peut justifier la violence dans le monde. Merci Kolia, pour votre avis fort intéressant et l'empathie toute chrétienne que vous éprouvez pour votre prochain.

      Deux scoops pour vous :

      D'une part, vous me suivez dans la rue vous aussi ? Je ne suis peut être pas blanche, et je suis peut être issue d'un peuple stigmatisé.
      Sachez tout de même que je ne suis pas du tout de pure souche française et que, de ce que je sais de mes ancêtres, c'est qu'avant d'être ouvriers du bâtiment, ils étaient plutôt dans l'agriculture, et plutôt pauvres...
      Ca c'était pour la parenthèse qui veut que je sois issue d'une famille bourgeoise française.

      D'autre part, la grossierté avec laquelle vous osez imputer aux populations actuelles les catastrophes qu'ont déclenché leurs ancêtres est quand même d'un ridicule consommé.
      Est-ce que les personnes qui vivent actuellement encouragent l'esclavage et le colonialisme ? Je ne crois pas, et je suis la première à déplorer leurs effets.
      Si on suit votre raisonnement, il va quand même falloir exterminer et violer du monde sur la planète, à commencer par exemple par les allemands, qui, comme chacun sait, ont décimé, torturé, violé juifs, homosexuels et tziganes... à moins que ça ne vous dérange pas ?
      Ayant un lourd héritage chrétien, j'aime mon prochain comme moi-même, donc non, je ne peux pas cautionner de tels propos. N'empêche que, je me coucherai moins bête ce soir : des gens avec propos aussi haineux que vous existent.

      Enfin, pour ce qui est de l'objet de ce billet (on l'aurait presque oublié avec les propos d'une violence inouïe que vous tenez !), sachez que la plupart de mes "poètes des rues" sont blancs, très blancs, bien blancs, et qu'il est fort probable que certains aient pas mal de fric à leur disposition. Après... c'est un problème qui n'a pas de frontière (voir la vidéo du monsieur Egyptien qui se fait houspiller "en tant que femme" par ses propres comparses lorsqu'il est déguisé en femme...).

      Vous saurez également que je ne mets pas de vidéo que je n'ai pas regardé... Il ne me sert à rien d'appuyer mon discours avec des éléments que je n'ai pas compris. Ou alors, je dirais clairement que je ne les ai pas compris, ça me permettra d'en apprendre plus, par les commentaires peut être ?

      Pour finir, je vous serai très reconnaissante d'éviter de me souhaiter le viol par qui que ce soit, cher Kolia. La prochaine invective violente du genre sera supprimée sans sommation. Je vous remercie grandement pour votre compréhension.

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  2. Je n’ai fait que reprendre la rhétorique culpabilisatrice dont usent la gauche et l’extrême gauche à l’encontre des Français depuis une trentaine d’année.

    « Vous ne voulez pas de l’immigration ? Bah, vous allez l’avoir quand même, car c’est à cause de la colonisation que ces gens là sont malheureux sur leur terres et veulent venir en Europe. »

    « Les immigrés brulent ta poubelle, ta voiture, ils agressent ton fils et insultent ta fille ? C’est malheureux, mais tu comprends ils ont beaucoup souffert du racisme, de l’esclavage de tout ça, alors faut les excuser. »

    « Tu en as marre de voir un quart de ton salaire partir pour financer des HLM des allocations et des vacances pour des populations majoritairement immigrés ? Mais mon ami ce n’est qu’une juste rétribution vu tous les pillages dont se sont rendus coupables les européens. »

    En s’inspirant de cette logique absurde et mensongère on en arrive à dire que le harcèlement sexuel en provenance des africains est une conséquences des souffrances et des humiliations que leur ont infligé les blancs. Peut être bien que les femmes blanches discriminent un peu trop les africains, par racisme. Sont-elles sûres d’avoir eu une proportion d’africains dans leur lit correspondant à leur poids dans la population ?

    Ce dernier paragraphe est un tissu de conneries, mais il est la conséquence logique de tous les discours d’excuse et de culpabilisation du blanc (et de la blanche).

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    1. Je me permets quand même de répondre à ce commentaire par quelque chose que j'ai déjà dit...

      Vous vous engagez sur un chemin sur lequel je ne peux pas vous suivre puisque ces messieurs et leurs "remarques" désobligeantes sont en partie issus de l'immigration et d'autres pas du tout... Et la majeure partie de mes "poètes des rues" personnels sont blancs.

      Encore une fois, se polariser sur les immigrés en dit long sur votre forte position raciste.

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    2. Je ne sais pas où vous piochez vos "il faut les excuser" en conclusion de vos constats.

      Si les éléments que vous donnez expliquent sans doute en partie les raisons qui poussent la population immigrée à certains délits, ils n'en sont pas pour autant excusable, et je ne crois pas qu'ils l'aient été.

      Ces analyses ne sont pertinentes que d'un seul point de vue : si on souhaite améliorer les situations, il faut tenir compte du contexte et des raisons qui ont pu l'amener. Par exemple, tout miser sur la répression face à l'immigration sans offrir des solutions dans les quartiers où vivent ses personnes mène à un échec. Il vaut mieux au contraire privilégier l'implantation de services publics, favoriser la mixité par un meilleur contrôle des loyers, et réindustrialiser notre pays afin d'offrir de véritables emplois créateurs de richesse à l'ensemble des citoyens.

      Bref, des mesures de gauche. Equitables, justes, et sociales.

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  3. Après avoir vu votre vidéo je me suis demandé si elle avait déjà été diffusée sur Fdesouche (c’est le genre de chose qui les intéresse). Il s’est avéré qu’elle l’a été. Ca m’a permis de découvrir un autre reportage, plus long, qui se passe en France cette fois. Il apporte de l’eau à votre moulin (les femmes se font très souvent emmerder par des hommes dans la rue) et au mien (ces hommes sont dans leur grande majorité d’origine étrangère).

    La vidéo est ici

    Je sais que vous pensez que je suis raciste, même si jusque là je me suis borné à regarder la vidéo que vous avez proposé et à parler de ce que j’ai vu, sans fausse pudeur.

    Allez à 35min dans la vidéo dont je donne le lien. La journaliste, même si on voit qu’elle est réticente à le dire finit par admettre que les hommes qui l’ont emmerdé étaient « majoritairement d’origine étrangère ».

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    1. L'approche de la journaliste est empirique, elle dit elle-même qu'il ne peut y avoir de preuve quant au profil des ces harceleurs des rues. Le reste du reportage corrobore mot pour mot ce que j'ai écrit dans mon billet.
      C'est dommage de vous être arrêté sur quelques mots, qui ne résument absolument pas le reportage.

      Par ailleurs, Maryline Baldeck évoque l'idée qu'au niveau juridique, le sexisme n'est pas un élément actuellement pris en compte par notre société à sa juste valeur, ce qui corrobore encore une fois l'idée que c'est une "violence" silencieuse. Une preuve de plus que notre société fonctionne encore sur une base patriarcale...

      Enfin, il est question, quelques instants après les mots que vous affectionnez tant, de l'image de la femme dans la société française. La journaliste indique bien que le problème se situe bien à ce niveau en parlant d'une ministre, Cécile Duflot, à l'Assemblée Nationale... Le malaise est partout, même là-bas, où, entre nous, les personnes issues de l'immigration ne sont pas légion.

      C'est travestir la réalité que de vous arrêter sur deux mots, parmi tellement d'autres !, issus de l'expérience personnelle de la journaliste. Quand on voit comment vous remettez en cause mon expérience personnelle, je suis surprise que vous vous serviez d'un argument aussi fallacieux.

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  4. A partir du début des années 80, la gauche (aussi bien le PS que le PC) a commencé à lâcher les classes populaires blanches, pour se tourner de plus en plus vers les immigrés, les « femmes » (en fait les féministes) et les homosexuels. Récemment la fondation Terra Nova a suggéré au PS de lâcher les ouvriers (comme si c’était pas déjà fait) pour se tourner vers les immigrés et les femmes.

    Voir ici pour le rapport de Terra Nova


    Comme chacun sait les immigrés en France sont en majorité musulmans. Les gens sensés savent depuis longtemps que la gauche ne pourra pas tenir sa ligne islamo-féministe longtemps tant elle est contradictoire. Promouvoir la présence de l’islam en France (en important des millions de musulmans) en même temps que « l’émancipation » des femmes et des homosexuels, c’est faire le grand écart. Pas tant que les musulmans sont peu nombreux, mais de plus en plus à mesure que leur proportion s’accroit.

    Comment croyez-vous que ça va finir ? Quand Mélenchon va réaliser qu’il ne peut pas avoir de succès auprès de l’électorat musulman s’il tient un discours féministe, que croyez-vous qu’il va faire ? Vous penser qu’il va réaffirmer sa passion pour Simone de Beauvoir et botter le cul des islamistes ? Ma pauvre amie. Ce jour là vous ne pèserez pas bien lourds. Et Méluche qui aime son confort sera l’un des premiers à vous lâcher.

    Il sa passera en France exactement ce qu’il se passe dans tous les pays à majorité musulmane. Donc rassurez-vous, il ne vous arrivera rien si vous vous convertissez, et acceptez de ne plus jamais revoir le soleil.

    Je sais que l’expression de mes idées vous est désagréable vu qu’elles contredisent fondamentalement les vôtres, mais soyez sûre que je ne dis pas tout cela pour vous embêter. Je pense que vous vous fourvoyez et que ça ne peut mener à rien de bon.

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    1. C'est dommage, je pense également que vous vous fourvoyez.

      Je serai curieuse de savoir, puisque je l'ignore, si vous êtes une femme ou bien un homme. Parce que si vous étiez une femme, et que vous sortiez fréquemment dans les rues d'une grande ville, vous verriez que ça n'a aucun rapport avec la couleur de peau des gens qui vous abordent.

      Vous diabolisez les musulmans avec une intolérance qui frise le ridicule. Vous faites d'ailleurs la même chose avec les féministes.
      Votre diabolisation est d'ailleurs si forte qu'à l'égard des lois républicaines, je pourrais être en devoir de retirer certains de vos propos si ils devenaient plus violents, comme ceux de vos premiers commentaires. Et ça n'a rien à voir avec un lobby féministe ou musulman, mais tout à voir avec la loi de la République Française qui nous invite à observer la devise "Liberté, égalité, fraternité".

      A la limite, vous avez le droit de penser ce que vous voulez des musulmans, mais les propos que vous répandez dénotent une connaissance partielle et fantasmée du monde musulman en France, mais aussi de la vie de ce que vous appelleriez les "blanlieues" ou encore les "quartiers".

      Je suis désolée, mais c'est tout votre imaginaire qu'il faudrait refaire, et je ne crois pas que vous soyez réceptifs à une remise en question. Je ne peux que vous inviter à éviter TF1, Valeurs actuelles, ou alors les documents du même acabit, et encore une fois, peut être d'aller véritablement à la rencontre des musulmans (faites-vous inviter dans une mosquée, si si, on peut, même quand on est une femme féministe) et des féministes (les réunions de nombreuses associations sont ouvertes au public).

      Je suis désolée de vous dire que vos idées me paraissent ridicules à l'égard des résultats de nombreuses autres études sur le racisme et le sexisme "ordinaires" (qui ne devraient pas être si ordinaires par ailleurs) et ce que moi-même j'ai pu vivre, pendant vingt ans, dans un quartier de banlieue cosmopolite, avec des voisins de toutes les confessions et de toutes les origines.
      C'est sûr qu'à diaboliser les comportements de l'autre, on ne peut que se persuader de ne pouvoir vivre avec.

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  5. Je pense que vous vous trompez, vous pensez que je me fourvoie et que mon imaginaire est à refaire intégralement. Je pense pour ma part que vous ne vivez pas dans le réel.

    Cette discussion ne va pas aller loin si on ne la recentre pas sur du concret.

    Vous invoquez vos expériences personnelles, votre vécu pendant 20 ans dans un quartier populaire, ou le fait que la majeure partie des types lourds avec vous dans la rue est constituée de blancs plutôt riches.

    Je pourrais moi aussi vous faire part de mes expériences personnelles. Le fait que quand un scooter me fonce dessus à contre sens sur la piste cyclable, c’est dans 95% des cas un arabe sans casque (ce qui me permet de l’identifier). Que quand un quad, me dépasse à 80 à l’heure en ville en me crevant presque les tympans c’est dans 95% des cas des arabes (sans casques) qui conduisent. Que quand un type me fait des queues de poissons sans clignotant c’est dans 75% des cas un arabe au volant de sa Merdesèche. Ces comportements, et ce n’est qu’un tout petit aperçu, constituent des agressions tout aussi violentes que de s’entendre dire « ptites féfesses » par un groupe d’hommes attablés en terrasse. Les comportements que j’ai décris sont violents en eux même et font par ailleurs des morts régulièrement.

    Mais voilà, je ne vous demande pas de considérer mon expérience personnelle, car elle n’a aucun intérêt pour vous, tout comme la votre n’en a aucun pour moi. Il y a trop d’inconnues. Aucun de nous ne sait ou habite l’autre, quel âge il a, à quoi il ressemble, comment il s’habille. Or ces éléments de contexte sont indispensables pour se faire une idée juste de nos expériences personnelles respectives. Comme vous n’avez pas plus l’intention que moi de dévoiler votre vie privée, laissons là les vécus personnels.

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    1. J'ai aussi parlé des études sur le racisme, mais comme à chaque fois, vous ne retenez que la partie du discours qui vous arrange...

      Vous invoquer également l'idée que nos expériences personnelles ne servent à rien, mais vous accordez de l'importance à celle de la journaliste du documentaire.

      Evitez de tomber dans les éléments fallacieux, et on pourra épurer le débat. Vos arguments n'en sont pas moins raciste. Surtout quand on voit à quels mots vous êtes sensibles en majorité.

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  6. Si vous le voulez bien, concentrons nous sur le seul support solide que notre conversation puisse avoir : les deux reportages sur le « harcèlement de rue ».

    Dans l’un et l’autre de ces reportages j’ai vu la journaliste se faire embêter et harceler par des gens à peu près tous originaire d’Afrique, (et éventuellement du proche et du moyen-orient).
    J’espère que la République m’accorde encore la liberté de dire ce que j’ai vu dans un reportage qui a été diffusé sur le service publique.

    Mettez-vous à ma place, je découvre un sujet que je ne connais pas franchement « le harcèlement de rue ». Ce sujet m’est présenté à travers deux reportages sortis à un ans d’intervalles dans deux pays différents et dans lequels je ne vois que des Africains dans le rôle du harceleur. Que voulez-vous que je conclue ?

    Que faites-vous de ces deux reportages de votre côté ? Avez-vous des éléments d’explications ?

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    1. La journaliste répond elle-même à cette question, il me semble...

      A savoir que ce qu'elle a filmé n'a aucune prétention de représentativité.

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    2. Dans le reportage de France 2, vous avez surtout vu des visages floutés.

      Je n'ajouterai rien, encore une fois, vous ne voyez que ce que vous voulez.

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    3. Si pardon, j'ajouterai une chose :

      Vous me demandez si j'ai des éléments d'explication ? Voyez mon billet. J'y explique notamment que les hommes ont de façon générale une image des femmes qui leur permet de nous traiter comme des objets, ce que nous ne sommes pas. Et ça les fait chier qu'on demande à être traitées avec respect. Tellement qu'on essaie de nous faire croire que c'est nous les pauvres cruches qui ne comprenons rien à la drague ou alors à la galanterie.
      Je n'accepte pas plus les "offres" de ces "poètes" des rues, que le "tu me présentes la charmante demoiselle assise à côté de toi ?" des connaissances d'ami qui se croient obligé de juger mon apparence physique et de la "flatter" pour me ramener à un rang d'objet.

      Avec votre argumentation, on finit par tourner en rond puisque mon explication vous renvoie à mon billet. C'est quand même bien dommage.

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  7. Je vois que définitivement vous ne voulez pas vous asseoir cinq minutes et considérer ces deux reportages tels qu’ils sont. C’est paradoxal dans la mesure où vous avez mis en avant vous même celui de Sophie Peeters.

    J’ai entendu Virginie dire que son « approche est forcément empirique, [qu’]elle n’a pas valeur de preuve ». D’accord, un reportage réalisé sur quelques jours en région parisienne n’a pas valeur de preuve. Mais il se trouve que le reportage de Sophie Peeters a montré globalement la même chose.

    De mon côté je ne cherche pas à prouver quoi que ce soit. Je trouve juste contre productif de ne pas considérer le contenu de ces reportages, avec pour défense ultime de dire qu’ils ne prouvent rien.

    On peut balayer d’un revers de main la surreprésentation des populations d’origine étrangère dans ces reportages en disant que c’est juste lié au hasard. Mais avec le même raisonnement, on peut remettre en question la réalité du harcèlement de rue en disant de même, que Sophie et Virginie se sont faites emmerder par hasard.

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    1. Mais je considère le contenu de ces reportages puisque je ne m'arrête pas sur trois malheureux mots, contrairement à vous.

      Vous non plus d'ailleurs, vous ne voulez pas vous asseoir 5 min et arrêter d'accuser à tort et à travers les gens d'origine étrangère.

      Ne m'accusez pas des fautes que vous commettez vous-même, sans quoi on ne va pas s'en sortir.

      Et non ces deux femmes n'ont pas été emmerdées par hasard : elles ont été emmerdées parce qu'elles sont des femmes et que c'est une manière de les renvoyer à ce qu'on voudrait qu'elles soient : des objets que les hommes peuvent traiter comme ils veulent.

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    2. EDIT : Suite à des mises en doute sur l'idée que le "poète des rues" n'est aucunement défini par son origine, je me permets de poster ce lien (http://www.acontrario.net/2013/03/27/ca-te-dirait-un-petit-coup-vite-fait/harcelementtravail/)vers un article de Gaëlle-Marie Zimmerman, qui est un témoignage assez éloquent sur le fait que ces personnes font partie de toutes les couches de la population.

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  8. Je ne résiste pas à partager cet article.

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/10/09/caquetement-d-un-depute-ump-lors-de-l-intervention-d-une-elue-eelv_3492289_823448.html

    Mais à part ça, ce sont uniquement les immigrés d'afrique qui font preuve d'un sexisme patent...

    Les immigrés d'afrique, *et* les députés de droite, donc.

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    1. Il ne faut pas résister ! En voilà une bonne manière de montrer que ça vient de partout ces attitudes !

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