mardi 18 juin 2013

Un mal silencieux : la retraite

Si la retraite est un souci qui engage tout à chacun, les difficultés qui y sont liées sont bien plus cruelles pour les femmes que pour les hommes, comme le souligne la dernière campagne d'Osez le Féminisme.






En effet, je cite :

"Les effets des inégalités professionnelles rencontrées par les femmes au cours de leur vie active se cumulent à l’âge de partir à la retraite :
  • Les inégalités salariales et la plus grande précarité dont sont victimes les femmes dans leur vie active ont un impact sur le salaire de référence : celui-ci est largement inférieur à celui des hommes, à la hauteur des 27 % d’écarts de salaires pendant la vie active.
  • C’est aussi le cas pour les interruptions de carrière, bien plus fréquentes dans leur parcours professionnel que dans celui des hommes.
    • Elles ont un impact sur le nombre de trimestres validés (malgré certains mécanismes de compensation), et par conséquence sur la décote, « double peine » appliquée en cas de nombre de trimestres validés insuffisant, ainsi que sur le coefficient de proratisation
    • Si des mécanismes sont présents pour tenter de compenser les interruptions de carrières dues à la maternité, rien n’est prévu pour compenser leur impact au-delà. Pourtant, ces interruptions ont des conséquences sur la carrière après le retour sur le marché de l’emploi (stagnation de carrière et de salaire voire diminution, etc.).
De ce fait, pour les femmes, le départ à la retraite se fait dans des conditions bien plus difficiles.
  • Elles sont ainsi davantage concernées par la décote.
    • Elles sont plus souvent touchées par la mesure : dans le privé, 8 % des femmes contre 6,5 % des hommes.
    • La décote est plus importante pour les femmes que pour les hommes : dans le privé toujours, les salariées ont en moyenne une décote de 15 trimestres, contre 10 pour les salariés.
  • Afin d’éviter la décote, elles partent plus tard à la retraite : 25 % des femmes prennent leur retraite à 65 ans ou plus contre 15% des hommes.
  • Bilan : les écarts de retraites entre femmes et hommes sont de 42 % (et toujours de 33 % sur la pension totale, en comptant les pensions de réversion).
Cette situation expose particulièrement les retraitées exposées à la précarité.
  • La pension moyenne des femmes n’est que de 930 euros pour les droits propres (retraite de base + complémentaire) contre 1600 euros pour les hommes.
  • Presque 1 retraitée sur 3 touche une pension totale inférieure à 700 euros.
  • La moitié des retraitées touche une pension inférieure à 1000 euros.
  • 2 retraités pauvres sur 3 sont des femmes."
Un tel constat est quand même des plus alarmants. Et la réforme prévue à la rentrée ne semble pas vouloir prendre ce type de paramètre en compte...

J'ai été particulièrement touchée par les témoignages présents sur le site de la campagne. En effet, beaucoup de femmes expriment toute l'activité qu'elles ont exécuté au cours de leur vie, en particulier auprès de leurs enfants, et d'être "remerciées" de la sorte donne un goût relativement amer à la fin de vie.
Je crois que je peux dire que non seulement je les comprends, mais que je trouve intolérable qu'une société comme la nôtre rejette ainsi les personnes qui ont "servis" la société.
On dit souvent qu'on doit le respect à nos anciens, mais quelle marque de respect pour ces gens qui ont travaillé toute leur vie et se retrouve dépourvu de ressources ? Quel respect pour ces femmes qui ont tout donné à leur mari et à leurs enfants pour se retrouver sans rien ?

Ce qu'il y a de formidable avec Osez le féminisme, c'est que l'association propose toujours des solutions pour remédier à ces difficultés. Dans le cas des retraites, on peut les retrouver ici.
Il s'agit ainsi de défendre notre système des retraites, de défendre l'égalité salariale (évidemment, il n'y a pas de fumée sans feu...), surcotiser les temps partiels sur la base d'un temps plein à la charge des entreprises, supprimer la décote, revaloriser les basses pensions, prendre en compte les années de formation et / ou d'insertion dans les trimestres validés, et enfin d'améliorer les droits familiaux.

Autant dire qu'il y a du boulot ! C'est pas le moment pour nos parlementaires de prendre leur retraite et de prendre le problème à bras le corps.

Si vous aussi, vous ne voulez pas battre en retraite, battez-vous pour les retraites !

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