lundi 8 juillet 2013

Echangeons un peu les rôles...

Non mais, c'est vrai ça. On a beau le dire, le répéter, inlassablement, ça ne rentre pas dans la tête des gens : les poses des femmes dans les publicités, dans de nombreux films, et des tonnes de médias visuels sont tout bonnement hallucinantes (pour ne pas dire totalement inhumaines, of course, mais bon hein, on a l'habitude de maîtriser notre langage, sous peine de nous faire traiter d'hystériques).

Pourtant, on représente les femmes de manière complètement grotesque. Mais ce qui est fortiche, mine de rien, c'est que ça ne se voit même plus. Ca se voit quand on observe des hommes faire la même chose. C'est là alors qu'on peut très clairement se dire qu'il y a un gros souci.

Admirez plutôt un formidable travail sur les poses des pin-ups, dans un travail photographique de Rion Sabean.





Voici également une jolie vidéo sur les stéréotypes publicitaires, créée par rois étudiants de l'université canadienne de Saskatchewan, Sarah Zelinski, Kayla Hatzel et Dylan Lambi-Raine : un travail admirable sur les représentations mentales et visuelles.



Bref, autant dire que c'est quand même carrément ridicule.

Comme j'avais envie de vous achever sur un truc bien hardcore (on se refait pas), j'ai choisi de m'attaquer à l'une des héroïnes les plus controversées de tous les temps : Lara Croft, du jeu Tomb Raider.

Petite, j'adorais cette femme. Je la voyais comme un équivalent unique à Indiana Jones.
Et puis, en grandissant, le mythe s'est effondré : elle n'était pas si forte ni indépendante des hommes que je l'imaginais, mais créé entièrement à "leur idée", enfin dans celle du patriarcat dominant, dans une compétition pour savoir si la suivante aura la poitrine plus ou moins développée que l'image qui l'a précédée. C'est triste de voir ce genre de trucs, je vous jure.

Mais j'ai foi en Lara Croft. En particulier quand je vois ces travaux d'Ulysse0302. Ca vaut son pesant de cacahuètes, nan ?



Oui, je sais, beaucoup d'hommes (et même des femmes hein) vont dire que c'est n'importe quoi. Et justement, c'est ça qui est beau. Oui, c'est n'importe quoi, parce qu'à la base, faire Lara Croft avec des mini-shorts et des obus à la place de la poitrine au milieu de la jungle, c'était déjà n'importe quoi.

Nous aussi, on veut être reconnues pour notre courage, notre sens de l'humour, nos capacités intellectuelles et pas que pour une certaine courbure de notre chute de rein (qu'est ce qu'il ? Vous préfèreriez mesurer au rapporteur ????). Je vois pas trop ce qui étonne, mais faut croire que "renverser" les rôles, ça ne va pas de soi.

9 commentaires:

  1. Hou, monsieur Croft est assez savoureux, je la connaissais pas celle là :D

    Dans le même genre sinon, il y aurait de quoi dire sur les tenues des avatars féminins dans les mmorpg... (en particulier en regard des mêmes tenues pour avatars masculins...)

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  2. Savez-vous pourquoi dans les années 50 et 60, il n'existait pas de Rion Sabean et pourquoi à la place on avait un Gil Elvgren?

    C'est bien simple. A l'époque Elvgren tirait sans doute un très bon prix de ses pin-up pour la simple et bonne raison que les hommes étaient prêts à payer assez cher pour en obtenir une image. Hé oui, ce genre de choses excite le désir des hommes. En revanche personne n'aurait déboursé un seul dollar pour voir les détournements de Sabean.

    Aujourd'hui les choses sont bien différentes. Les hommes ont accès à autant de pornographie qu'ils le souhaitent sur internet. Une série de photo d'une pornstar quelconque est faite en 15 minutes. Autant dire qu'Elvgren ne serait pas compétitif de nos jours. Voilà pourquoi le business de la pin-up peinte à l'ancienne est mort.
    En revanche le monde académique et politique (de gauche), ici comme aux USA apprécie beaucoup la "transgression", la "confusion des genres" et donc le "boulot" de Sabean. En d'autres termes ce qu'il fait lui ouvre la porte des bourses, des subventions à la culture, des financements étatiques et universitaires, des expositions organisées par la ville de Paris ou par la Pinceton University au frais du contribuable. Ca lui ouvre aussi les pages du Monde, du New York Times, de Libé et de du Nouvel Obs. C’est pour cette raison que des Rion Sabean, ou des rigolos de l’université de Saskatchewan nous tombent du ciel.

    Vous voulez voir des hommes « pin-up » sur les affiches dans nos rues ou à la télé en prime-time alors voici comment vous devez vous y prendre. Il faut que vous trouviez quelques millions de femmes prêtent à mettre beaucoup d'argent pour bénéficier de ce spectacle. Mais je doute que vous y arriviez.

    En conclusion, les pin-up ont été des femmes et non des hommes pour des raisons économiques. La question déterminante est : « Qu’est-ce qui se vend et qu’est-ce qui ne se vend pas ? »

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    1. Le raisonnement que vous proposez me paraît symptômatique d'une méconnaissance des sciences humaines en général.

      Il n'est pas question de savoir ce qui se vend ou ce qui ne se vend pas. Aujourd'hui, peut-être plus encore qu'auparavant (et de façon toujours aussi effrayante), tout se vend : des appareils inutiles, des services en plus, le corps des femmes, ou alors d'hommes qui sont assimilés à des femmes... La question n'est donc pas de savoir ce qui peut se vendre ou pas puisque tout se vend.

      Le diable se cache justement dans le détail.

      Je n'ai jamais dit qu'il était souhaitable de vendre des hommes pin-up, que ce soit à des femmes ou à d'autres hommes. Je ne trouve d'ailleurs pas que ce soit souhaitable.

      Je m'amuse dans ce billet à souligner le ridicule d'une telle présentation, que ce soit pour les femmes comme pour les hommes. C'est juste que la société nous a si bien formaté à l'accepter pour les femmes, qu'il n'y a que lorsqu'on le présente pour les hommes que ça paraît incongru. Vous ne faites pas exception à la règle puisque votre commentaire illustre à la perfection l'incongruité à accepter un tel "phénomène" chez les hommes !

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  3. Je ne doute pas une seconde que si l'on rétablissait l'esclavage, les esclaves se vendraient.

    Est-ce pour autant qu'il faudrait le cautionner ?

    La question déterminante est certainement économique. Mais la question intéressante est plutôt de savoir comment et pourquoi elle est aujourd'hui déterminante.

    Et par pitié, ne m'insultez pas en sortant du chapeau je ne sais quels "besoins naturels et irrépressibles des hommes"...

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  4. Je comprends ce que vous voulez dire par « aujourd’hui tout se vend ». Je partage le constat d’autant plus que bientôt le ventre des femmes et les enfants seront également des marchandises, selon la volonté de Pierre Bergé. Mais dire que « tout se vend » est un abus de langage. Par exemple les productions de Sabean ne se vendent pas plus aujourd’hui qu’elles ne se seraient vendues dans les années 50. Il serait donc plus juste de dire qu’aujourd’hui tout peut être mis en vente, mais tout n’est pas vendu dans les faits.

    Mais là où vous faites erreur c’est en croyant que les photos de Sabean ouvre les yeux de qui que se soit sur quoi que ce soit. Je les ai vues et les ai trouvées ridicules, mais ce n’est pas pour autant que ma perception des pin-up d’Elvgren a changé. Elles sont tout à fait agréables à regarder. Et j’aurais pensé la même chose si on me les avait mises sous les yeux quand j’avais 5 ans. Mais sans doute me direz-vous qu’à cet âge là j’étais déjà sous l’emprise du conditionnement patriarcal devant faire de moi un oppresseur.

    Les pin-up classiques ne sont pas ridicules, elles éveillent le désir masculin par leurs formes, leur tenues déshabillées, leurs poses et leur côté nunuche.
    Par contre, les photos de Sabean sont ridicules (et sans grand intérêt à mon avis)

    Ce que vous ne voulez absolument pas reconnaître c’est l’existence de différences entre les hommes et les femmes, et c’est pour ça que vous pensez disqualifier les pin-up en révélant leur ridicule à travers des photos effectivement ridicules mais qui n’ont rien à voir.

    Je vous propose ma variante calquée sur votre raisonnement.
    Un homme musclé c’est horriblement laid. Mais les gens ne s’en rendent pas compte parce qu’ils sont conditionnés par le patriarcat. La preuve, si j’inverse les rôles en vous montrant cette femme, vous vous rendrez bien compte à quel point une musculature apparente est moche.

    Tout le monde trouvera cette femme hideuse, mais croyez-vous sérieusement que les gens vont soudain ouvrir les yeux sur la laideur du torse de Brad. Non, cette femme est repoussante et cet homme est attirant. La même chose peut être laide sur un homme et beau sur une femme et inversement.

    Il y a des différences entres les hommes et les femmes et vous vous efforcez de le nier. Je ne sais pas pourquoi vous faites cela.

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    1. Le rouge est une plus belle couleur que le bleu.

      Et n'essayez pas de le nier.

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    2. @ Kolia : Je vous réponds ici http://morpheastouch.blogspot.fr/2013/07/le-concept-de-genre-la-nature-de-la.html .

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  5. Ce qui produit l'effet comique , grotesque , ridicule , c'est la distortion artistique des normes inconscientes qui régissent nos représentations mentales ... Cette distortion artistique peut aussi créer un sentiment d'épouvante , de dégoût , de haine .... Nos représentations du monde nous les croyons réelles , naturelles , mais elles sont des produits culturels que nous adoptons inconsciemment comme naturelles par mimétisme social . Elles ne sont pas naturelles . Elles ne sont que normales , conventionnelles ... Distordre ces représentations provoque le malaise mental , la dissonance cognitive , auquel on répond par un refus en se réfugiant dans le rire , la fuite , le dénie de la représentation inquiétante .....

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    1. Je te rejoins totalement : c'est un oeuvre qui met mal à l'aise... le tout étant de bien comprendre pourquoi !

      Là, je trouve que ça met hyper mal à l'aise justement parce qu'on s'aperçoit qu'il n'est pas si normal d'adopter ce type de postures pour un être humain normalement constitué...

      En tous cas, je trouve ce genre d'oeuvres subversives particulièrement réussies !

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