lundi 22 juillet 2013

Le Tableau : une belle histoire portée par une héroïne indépendante


Le Tableau est un film d'animation franco-belge de Jean- François Laguionie sorti en 2011. Oui, c'est sûr, ça n'a pas fait le buzz à l'époque, et c'est bien dommage. Parce que c'est beau, ça offre un certain renouveau et... l'héroïne est rafraîchissante, vraiment.






L'histoire

Le film nous invite à suivre les aventures de Lola, le personnage d'un tableau qu'un peintre n'a pas fini... Dans le tableau se trouve un château dans lequel vivent les "Tout-peints", ceux qui se croient supérieurs parce qu'achevés. On peut également admirer une forêt maudite dans laquelle personne n'ose pénétrer, et à la lisière de laquelle vivent les "Pas finis", dont Lola fait partie, mais aussi les "Reufs" qui sont des esquisses gribouillées.
Lola a une amie "Pas finie", Claire, amoureuse éperdue d'un "Tout-Peint" charismatique, Ramos. Lola, Ramos et un reuf, Plume, partent à la recherche du peintre, bien décidés à faire en sorte que leur créateur achèvent les "Pas finis" ainsi que les "Reufs" pour qu'enfin, ils soient sur un pied d'égalité avec les "Tous peints". C'est ainsi que démarre leur aventure qui connaîtra bien des rebondissements...

Si l'histoire est assez "classique" (deux groupes différents qu'on s'efforce de rendre égaux), il y a un personnage qui sort fatalement du lot : il s'agit de Lola.

Lola



Lola n'est pas présentée comme le sont traditionnellement les "filles". Le meilleur mot pour la définir est l'indépendance. Elle veut retrouver le peintre, et choisir de faire ce qu'elle désire.
Par exemple, face à Plume qui passe beaucoup de temps à se plaindre et refuse d'être aidé, elle choisit de le laisser se sortir de ses difficultés lui-même, sans aucun regard en arrière, sans le moindre regret. Elle est totalement libre de sa décision, ce qui est très rare pour un personnage féminin.
Elle choisit ses compagnons, prend les routes qui lui plaisent, sans qu'elle soit "fatalement" punie par le destin. C'est encore une fois très "nouveau" pour un personnage féminin dont l'attitude "indépendante" est bien souvent réprimée, parfois par les évènements eux-mêmes (pour la discrétion) et parfois par d'autres personnages.

Lola n'a pas besoin d'être protégée, elle offre son aide à qui en a besoin et fait preuve de créativité et d'initiative. Tant et si bien, qu'à la fin, c'est bien elle et elle seule qui trouvera le peintre et lui posera la question fatidique du pourquoi il l'a créé ainsi.

Finalement, dans le film, Lola est telle qu'elle est représentée sur l'affiche du film : libre.
C'est suffisamment rare pour être noté...

En conclusion...

Un film intéressant, des personnages attachants, et une héroïne hors du commun, pour une fois libre et indépendante. Ca manque un peu dans les médias actuels, et ça fait plaisir à voir.
Une belle histoire, autour de la création, de la relation entre le créateur et son oeuvre, mais aussi, un peu plus en marge, de ceux qui pensent savoir et imposent, sans prendre en considération la remise en question proposée par d'autres.

Bref, une belle alternative à la plupart des films issus des studios Disney, pour les petits comme pour les grands.


2 commentaires:

  1. Aaah je suis contente que quelqu'unE parle de ce film que j'ai vu par hasard sur Canal à la demande et que j'ai vraiment adoré.
    Les personnages féminins sont plutôt bien traités dans ce film: Claire part seule dans la forêt hantée pour retrouver Ramos, le modèle nu du peintre représente une certaine émancipation sexuelle et une déculpabilisation du sexe (enfin je l'ai perçu comme ça...) Et on a même droit à une initiation à la lutte des classes^^ avec dominants (les tout-peints) dominés (les pas-finis) et le lumpen-prolétariat (les Reufs), le peintre a de faux airs de Karl Marx (la barbe sans doute^^)de l'antimilitarisme (le tableau de guerre), et une héroïne racisée (même si les personnages peuvent être bleus ou jaunes ou verts, c'est la seule avec une couleur "réaliste" et des caractéristiques non-ethnocentrées sur la blancheur) qui s'émancipe de l'oppression toute seule: on devrait le montrer dans les écoles ;)

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    1. Merci pour le commentaire ;)

      C'est vrai que c'est rare les héroïnes (et même les héros en fait...) qui ne sont pas blanches...

      Ce film est complètement atypique dans les images qu'il véhicule et c'est vraiment pour ça qu'il fait plaisir à voir !

      Un peu de diversité, que diable !

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