dimanche 22 septembre 2013

Prostitution : pénaliser les clients ?


Si il y a bien une institution vieille comme Erode (et non pas comme le monde, s’il vous plaît), c’est bien la prostitution. C’est un sujet de conversation épineux pour les dimanches midi où chacun exprime sa position avec force conviction. Entre ceux qui sont persuadés que c’est un mal nécessaire sans lequel « on verrait le nombre de viols exploser ! », ceux qui sont contre par pudibonderie « on ne fait pas l’amour avec n’importe qui, tout de même, ma bonne dame ! », ceux que ça dérange sans qu’ils puissent bien expliquer clairement pourquoi, et ceux qui trouvent que les prostituées sont les femmes les plus courageuses qui soient… chacun a sa petite idée sur la prostitution.


Mais les idées, ça ne suffit pas sur un sujet comme la prostitution. Ca ne suffit pas parce que ça ne dit jamais clairement de quoi la prostitution est faite, précisément.


En tous cas, pour l’heure, Maud Olivier a rendu à l’Assemblée Nationale un rapport sur l’état des lieux du système prostitutionnel.
Ce rapport préconise de ne pas interdire l’exercice de la prostitution, puisqu’il n’est à aucun moment question de criminaliser les personnes prostituées, mais de punir les clients.


Pourquoi punir les clients ? A quoi ça pourrait bien servir ?


Actuellement, plus de 90% des personnes prostituées en France sont des femmes. Près de 99% des clients sont des hommes. 
Il est donc question de dire à ces hommes qu’on ne peut pas acheter le corps des gens, tout simplement. Il n’est donc pas question de cacher les prostituées par pudibonderie ou parce que les activités de prostitutions font du bruit.


Bientôt sera donc déposé un projet de loi destiné à punir les clients. Mais ça fait déjà des remous, et je dirai même plus, des remous bizarres.

Pourtant, punir le client est plus qu’une simple idée : ça peut fonctionner !

Mais mais mais... des voix grondent dans le fond de la salle... Ah ? On nous dit que non non, ça ne peut pas fonctionner ?

Dans un prochain billet, nous verrons ce qu'est l'abolitionnisme, et surtout les arguments qui lui sont fréquemment opposés... et comment, avec tout ça, on fabrique de faux débats avec du vent.

Parce que la prostitution, ce n'est pas du vent. C'est la réalité. Ce n'est pas parce qu'on a du mal à conceptualiser que c'est moins vrai.



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