mardi 19 novembre 2013

Quand on fait fausse route...

... ça ressemble strictement à rien. Si, si, je vous le dis, ça ne ressemble à rien. En ce moment, c'est le cas chaque fois qu'Elisabeth Badinter prend la parole.


Il y a un choix à faire...


Par exemple, sur Le Monde.fr, quand on lui demande ce que lui inspire le manifeste des 343 salauds, elle répond que "c'est nécessaire". Mais comment diable une telle chose est nécessaire ? Comment peut-on légitimement estimer qu'il est nécessaire de réclamer d'avoir un accès illimité au corps des femmes pour des raisons économiques ???? J'avoue que je n'arrive absolument pas à comprendre.


 
D'autre part, elle parle de "prohibition" à l'égard de la loi proposée par Maud Olivier. Mais il n'a jamais été question de prohibition, il n'a jamais été question de faire du mal aux personnes prostituées, mais d'interdire aux clients d'avoir un accès à leur corps et à leur personne. On s'attache à réduire la domination des hommes dans le domaine, parce que c'est bien de cela qu'il s'agit, en particulier quand on estime que l'homme le plus miséreux a bien le droit de se taper une bonne femme pour un peu de blé ! Il n'y aurait pas comme une contradiction, là ?

Quand on compare la prostitution au don d'organe, elle dit que cette dernière mutilation est définitive. Donc, on peut imaginer que c'est en comparaison avec la prostitution qui ne serait pas une mutilation définitive... Ce n'est pas parce que la mutilation est majoritairement psychique (en réalité, le physique est marqué lui aussi...) qu'elle n'existe pas... Il est illusoire de croire que si nombre de personnes prostituées souffrent d'un syndrome post-traumatique, ce ne sont que des séquelles transitoires. Elles ne le sont jamais. Les prostituées, quand on prend la peine de les lire et de les écouter, disent très bien comme elles marquées, mais comme elles le taisent pour ne pas être perpétuellement des victimes.

La dernière perle présente dans l'article en dit long sur les mentalités : "L'Etat n'a pas à légiférer sur l'activité sexuelle des individus, à dire ce qui est bien ou mal."
Euh... Si. C'est pour ça qu'on punit le viol, notamment.
On légifère d'ailleurs sur un tas de trucs que soit disant l'Etat n'aurait pas à légiférer. Dans notre société, pour protéger les individus, on légifère justement sur leur activité sexuelle en établissant une majorité sexuelle, qui définit alors ce qui tient de la pédophilie (punie par la loi), ce qui tient également de l'abus par personne ayant autorité (circonstance aggravante), et on légifère aussi sur ce qui tient du viol, ce qui tient de l'agression sexuelle, ce qui tient même du harcèlement sexuel, ce qui tient également de la torture (et oui...)... Bref, il y a déjà bien longtemps, que pour des raisons d'ailleurs tout à fait légitimes, l'Etat s'invite entre nos draps !

Une situation aussi ironique me fait penser qu'il y a des choses qu'on ne peut plus entendre impunément. Pour une personne aussi lettrée qu'Elisabeth Badinter, il me semble étrange de tenir de tels propos, comme si la prostitution n'était qu'une idée, qu'un fantasme... La prostitution, c'est la vraie vie, c'est des vraies femmes qui acceptent que des hommes prennent possession de leur corps et le juge, au nom du sacro-saint système économique sous couvert d'une question de misère sexuelle et de.... charme.

La prostitution n'est pas un concept. Choisissez la pilule rouge, vous restez au pays des merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre...

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