dimanche 1 décembre 2013

La liberté et la mauvaise foi


Voilà une décision courageuse, attendue depuis un certain temps, pour ne pas dire depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale... 



Comme de nombreuses personnes, tous les débats qui ont entouré ces propositions m'ont essoufflée. Ah, ça, la liberté individuelle a été mise à l'honneur... Mais je demande parfois quelle est la signification du mot liberté pour ces gens là. Le droit de laisser d'autres maltraiter son corps... Le droit de laisser d'autres parler de soi comme d'une marchandise sans valeur, un morceau de viande à la limite des possibilités de consommation... Oui, comme je l'ai déjà fait remarquer il y a plusieurs semaines, c'est ainsi que parlent les clients des personnes prostituées.


Ces clients, qui sont à 99% des hommes, et ces personnes prostituées qui sont à 96% des femmes. Ces clients, de sexe masculin, qui achètent donc le corps des femmes. C'est aussi simple que ça, pas la peine d'aller chercher des choses compliquées, pour une fois, soyons fous : laissons parler les chiffres. Ca, pour les écouter quand ça cause Standard & Poor's, y a du monde, par contre, quand ça cause égalité, là y a plus personne.
Donc oui, je ne peux qu'être d'accord avec Christine Delphy, François Héritier et Yvette Roudy, l'égalité passe par la pénalisation du client.

 Cette évocation de la liberté individuelle me défrise. Comment peut-on parler de ça pour cacher la masse de prostituées qui souffrent et qui veulent s'extraire de ce système sans fond ? Comment peut-on se cacher derrière à un tel argument pour justifier d'une violence qui s'exerce spécifiquement à l'encontre des femmes et même, je dirai, des personnes considérées comme inférieures (migrants, homosexuels...) ?

On ne peut pas, on ne peut plus. Alors, il arrive un moment, il faut oser le dire : STOP à la connerie. Je ne sais pas mieux que les prostituées ce qu'est leur travail, mais leurs témoignages sont extrêmement éloquents. J'ai même du mal à comprendre en quoi ça fait débat.
Mais ça fait débat dans notre société pudibonde qui veut fermer les yeux sur elles et les laisser crever dans leur coin. Nous sommes nombreux à le refuser, et mardi, quand le texte entier repassera à l'Assemblée Nationale, j'espère que tous nos députés, la fine fleur de la France (il paraît) saura dire NON.

D'ailleurs, quand on parle de dire non à la connerie; je dis NON à celle-là aussi. Encore une belle objectivation des femmes pour vendre... des cercueils. Par pitié, n'enterrons pas l'égalité femmes / hommes.


1 commentaire:

  1. Et voilà, premier jet de la loi voté à l'Assemblée.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/26/prostitution-la-penalisation-des-clients-mesure-phare-du-texte-de-loi_3520429_3224.html

    En revanche, quand on lit les commentaires sous l'article, on se dit que c'est pas gagné...

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