dimanche 22 décembre 2013

Régressons sous les applaudissements

Et oui, l'Espagne est en train de voter une loi destinée à limiter le droit à l'avortement sous les applaudissements de 41% de la population. A présent, seuls les cas limites des femmes en état psychologique instables ou violées pourront faire appel à cette intervention en Espagne. C'est une régression sans commune mesure que s'est permis Mariano Rajoy et son gouvernement.



La liberté à disposer de son corps permise à la fois par la contraception mais aussi l'accès à l'Interruption Volontaire de Grossesse est actuellement remise en cause, notamment en France par des gens comme Marion Maréchal-Lepen. Comme si, tout, évidemment, tout était de la "faute" des femmes. Le mythe d'Eve a encore de beaux jours devant lui...


Pourquoi toujours culpabiliser les femmes ? Pourquoi ne pas proposer de contraception pour les hommes ? Pourquoi toujours parler des femmes en cas de grossesse ? Pour tout leur laisser sur la tronche, pour tenir la laisse le plus longtemps possible ? C'est l'explication la plus probable.

L'Espagne, qui a mis en place d'excellents dispositifs pour lutter contre les violences faites aux femmes, est en train de culpabiliser les femmes, de faire d'elles un bouc émissaire. A quand l'abrogation des lois sur les violences faites aux femmes ? Peut-être devrait-on aussi interdire la contraception, parce que ça aussi, ce serait contre nature ?

Ce qui est amusant quand on parle d'avortement, c'est qu'on omet de signaler que c'est un phénomène aussi vieux que le monde, alors qu'on se le permet en parlant de prostitution.

A se demander si, bientôt, faire une fausse-couche ne sera pas considéré comme un délit...

Frapper fort contre le patriarcat et il frappera encore plus fort...
Même en France, on ne sait plus dire non à la connerie : on veut interdire à des écoles d'étudier un film qui explore l'expression des gens dans la société. Pour moi, le message est clair, on ne veut pas que les enfants se posent des questions. On ne veut pas qu'ils fassent marcher leur intellect.

Un vent de punition, de régression souffle sur notre société, et tout le monde trinque, mais les femmes et les populations qui leurs sont assimilées plus encore que les autres.

Indignons-nous. Ne laissons pas nos droits disparaître. Et surtout pas sous un tonnerre d'applaudissements.

1 commentaire:

  1. Un vent de régression ?
    Hélas chez nous, le vent ne souffle pas d'en haut (mariage autorisé pour les personnes de même sexe, abolition de la prostitution...) mais plutôt d'en bas (manif pour tous, pétition pour le "droit aux putes"...)

    Le plus inquiétant qu'il m'est donné de voir ces derniers temps (en France tout du moins) est plutôt les réactions à ces mesures qui vont à l'encontre du patriarcat établi que les mesures elles-mêmes...

    Et je sais pas si ce n'est finalement pas plus grave, en fait...

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